lundi 15 mars 2010

Peter Graves (1926-2010)

De 1966 à 1973, Peter Graves a incarné Jim Phelps dans la mythique série Mission : Impossible. Graves vient de mourir, et de nombreuses images de la série reviennent en mémoire. Notamment la traditionnelle ouverture de chaque épisode qui voyait Phelps descendre de son cabriolet pour aller récupérer la fameuse bande enregistrée, dans une cabine téléphonique, un cinéma ou la remise d'une épicerie. Durant la saison 2, Phelps conduisit une Buick Wildcat 1967 et, plus tard lors de la saison 4, une Buick Skylark 68. De nombreuses marques américaines se sont bousculées pour apparaître dans la série, se faisant la guerre par placement de produits interposés. De 1968 à 1973, c'est General Motors qui véhicula l'équipe de Jim Phelps, puis Chrysler de 1970 à 1973, avec notamment un cabriolet Imperial Le Baron pour le leader de l'équipe.



lundi 8 mars 2010

Jensen Interceptor on TV (2)



A la fin des années 60, Jensen entreprit de faire connaître son modèle Interceptor de la façon la moins coûteuse possible, mais aussi la plus efficace. Le placement de produit était déjà un moyen bien connu et souvent pratiqué pour placer un nouveau modèle sous les projecteurs, Lotus l'ayant déjà utilisé dès 1962 avec son Elan dans 'Chapeau melon et bottes de cuir', et Volvo avec la P1800 de Simon 'Le Saint' Templar. Jensen avait déjà placé une CV8 dans la série 'Alias le Baron' (1966), mais l'opération n'avait pas reçu l'impact attendu (la série avait été stoppée au bout d'une saison). Ensuite, ce furent des Interceptor qui furent enrôlées dans quelques séries phare de la fin des 60's, comme dans cet épisode des 'Champions' (1968-1969) ou dans le tout dernier des 118 épisodes du 'Saint' (Les rivaux, 1968). Plus tard, Robert Vaughn conduira une autre Interceptor dans 'Poigne de fer et séduction'(1972-1973) et Simon Templar également dans la dernière série du 'Saint' avec S.Dutton (1989).

Dans cet ultime épisode du 'Saint', Roger Moore conduit une Marcos Mantula de compétition. Fait assez rare dans la série, on le filmera véritablement au volant de la voiture et non pas en studios avec un décor projeté derrière lui. Plusieurs épisodes du 'Saint' ont eu pour cadre l'univers du sport automobile, ce qui fera l'objet d'un prochain post !


jeudi 18 février 2010

Acro Jaguar


Dans le pré-générique d'Octopussy (John Glen, 1983), Bond traverse un hangar aux commandes de son Acro Jet. Pour tourner la scène, une maquette grandeur nature du petit avion fut fixée en haut d'un mât, lui-même monté sur une Jaguar XJ6 décapitée et peinte en couleurs de camouflage. Le mât est caché par l'aile de l'avion. Dans le décor, tout avait été conçu de façon à dissimuler la Jaguar durant la traversée du hangar, mais certaines photos révèlent la combine. Notamment celle-ci, où l'on voit clairement l'arrière de la voiture. Aujourd'hui, l'ordinateur aurait remplacé la Jaguar, mais le résultat n'aurait pas forcément été plus convaincant.

vendredi 12 février 2010

Des Rolls-Royce chez Drax




Sur le tournage de "Moonraker" (Lewis Gilbert, 1979), Albert R. Broccoli et Roger Moore sont venus avec leur Rolls Royce. Aux Studios d'Epinay, entre deux scènes, Moore s'occupe en nettoyant soigneusement sa Silver Shadow MkII. La voiture semble avoir la conduite à gauche et être équipée des clignotants latéraux propres aux modèles américains. A cette époque, Moore ne résidait plus en Angleterre pour des raisons fiscales et il vécut quelques temps aux USA, d'où il a probablement fait venir sa Rolls ! A quelques mètres, la fameuse Silver Cloud grise de Broccoli, immatriculée CUB 1, est entourée de figurants en combinaisons de Drax Industries, le méchant de "Moonraker". La voiture apparaitra quelques années plus tard dans "Dangereusement vôtre" (John Glen, 1985).
Ces photos proviennent d'un petit reportage de TF1 datant du 20.08.78 et disponible sur le site de l'INA.

jeudi 11 février 2010

Johnny English



Dans "Johnny English", parodie de 007 réalisée par Peter Howitt en 2003, l'agent secret incompétent incarné par Rowan Atkinson conduisait une Aston Martin DB7 Vantage. C'était la propre voiture du comédien, grand amateur d'Aston Martin, qui fut utilisée durant les scènes de poursuites coordonnées par Peter Jennings (Mission : Impossible, Chapeau melon & Bottes de cuir, Batman Begins...). C'est aussi à son volant qu'Atkinson (avec Natalie Imbruglia) apparut à la Première du film, à Londres. Rowan Atkinson tient une rubrique mensuelle dans le magazine auto anglais 'Octane'.

lundi 8 février 2010

The Avengers in Beaulieu


Patrick Macnee et Diana Rigg semblent passer du bon temps avec cette Rolls-Royce Silver Ghost 40/50 de 1909 qui apparaît dans l'épisode «L’homme transparent» (saison 5). Cette photo a été prise en septembre 1966 au château Palace House, qui abrite le National Motor Museum de Beaulieu en Angleterre, un musée créé par Lord Montagu. Certains épisodes y furent tournés, comme le racontait Patrick Macnee dans son livre The Avengers and Me : «Nous avons commencé le tournage de la cinquième saison à Palace House, dans le Hampshire. Nous y avons passé deux jours, le temps de filmer de courtes séquences avec des véhicules anciens provenant du musée de Lord Montagu. Ces petites scènes récurrentes en forme de gag devaient être utilisées pour clore les épisodes que nous devions tourner par la suite. Lors de la saison précédente, chaque épisode s’achevait avec Steed et Emma aux commandes d’engins divers, ballon, tandem, etc. Cette fois, il avait été décidé qu’à la fin de chaque épisode, nous quitterions Palace House dans une voiture de collection, l’occasion de terminer les épisodes par un gag. Ces petites séquences étaient écrites par Brian Clemens qui se joignit à nous pour le tournage.»

vendredi 5 février 2010

Premier Contact


Monaco, 1970, devant L'Hôtel de Paris, Tony Curtis tourne sa première rencontre avec Roger Moore dans le premier épisode d'Amicalement vôtre, Premier Contact. Après la course poursuite qui les a menés de l'aéroport de Nice à Monaco, les deux hommes, réunis par le Juge Fulton, se retrouvent sur les marches de l'hôtel. Mais le bagagiste a préféré prendre les valises de Sinclair, et Wilde se retrouve avec les siennes en main, qu'il vient d'extraire du coffre de sa Ferrari Dino 246GT.
"Trrr ! Quel toupet !"

jeudi 4 février 2010

Carole Bouquet & Lotus, 1981



Lors de la Première de Rien que pour vos yeux (John Glen, 1981), le 24 juin 81 au cinéma Odeon sur Leicester Square de Londres, toutes les stars du film étaient présentes, y compris la Lotus Esprit Turbo de Bond. On la voit ici s'approcher de Leicester Square au milieu de la foule tandis que plus tard dans la soirée, c'est Carole Bouquet qui en prendra brièvement le volant pour une courte séance photo.

mercredi 3 février 2010

Emma Peel & Lotus, 1966


Dans 'Chapeau melon & bottes de cuir', Lotus s'imposa comme le fournisseur officiel des véhicules utilisés par Madame Peel (et plus tard, Tara King), aussi Diana Rigg fut-elle sollicitée pour rendre une petite visite très médiatique sur le stand Lotus du salon de l'Auto de Londres en 1966. Elle pose ici dans une Elan identique au modèle utilisé dans la saison 5, une Elan S3 SE. Brian Clemens se souvient: «L’Elan était parfaite. En réalité, nous n’avons pas sollicité Lotus, ce sont eux qui sont venus nous chercher. Colin Chapman lui-même, le fondateur de la marque, a déclaré plus tard que la présence d’une Elan dans la série a fait économiser à Lotus l’équivalent de plusieurs millions de Livres Sterling en frais de publicité."

mardi 26 janvier 2010

PPW 306R, suite.

Aux Bahamas en 1976, durant le tournage de "L’Espion qui m’aimait" (Lewis Gilbert, 1977) plusieurs coques de Lotus Esprit avaient été fournies par Lotus Cars et équipées de façon à simuler la conversion de l’Esprit en sous-marin, après son plongeon (tourné en Sardaigne). Chaque carrosserie fut utilisée pour un effet particulier mais une seule fut équipée pour ‘naviguer’ sous l’eau, motorisée mais non étanche (deux hommes grenouilles la pilotaient).



Pendant le tournage, fin janvier 1977, six mois avant la sortie du film (L'espion qui m'aimait sortira sur les écrans américains le 3 août 77) la voiture fut prêtée pour apparaître sur le stand Lotus d'un Salon de l’Auto de la côte Est (peut-être New York). La Lotus Esprit était la grande nouveauté de la marque et Lotus comptait le plus tôt possible profiter de l’impact publicitaire de son apparition dans un James Bond. C’est la société Perry, qui avait conçu le sous-marin en collaboration avec Lotus, qui fut chargée du transport et de l’explication des gadgets aux responsables du stand Lotus. C’est probablement sa seule apparition en dehors du film, dans son apparence originale. Dans le courrier ci-dessous daté du 31 janvier 77, (notez le splendide papier à en-tête !), la Location Manager du film, Golda Offenheim, qui se trouve aux Bahamas, répond au responsable de la concession Lotus pour l'est des USA et se réjouit que la Lotus sous-marine soit bien arrivée sur le salon de l'Auto. Après le salon, la Lotus amphibie retourna aux Bahamas.



Une autre carrosserie fut en grande partie utilisée pour les scènes de conversion, notamment l’escamotage des roues qui laissent place à des ailerons de direction, et pour la scène où l’Esprit lance une roquette contre l’hélicoptère Bell Jet Ranger 206 de Naomi.
Cette Esprit, ainsi qu'une autre (peut-être la version motorisée) existent encore aujourd‘hui. Elles étaient restées aux Bahamas après le tournage et connurent une retraite peu glorieuse jusqu’à ce qu’elles furent découvertes par Peter Nelson, le propriétaire du musée Cars of the Stars et du musée Bond Museum, la plus grande collection de véhicules Bondiens. Pourquoi ces voitures n’ont-elles pas été conservées par la production ou par Lotus après le tournage ? L’explication la plus courante est que Cubby Broccoli aurait promis de les céder à un grutier local, un certain M. Roberts, qui avait participé très efficacement au tournage, en guise de remerciements. Je me suis renseigné il y a plusieurs années : les voitures sous-marines appartenaient à Eon (c’est à dire Broccoli) et non à Lotus, contrairement aux deux Esprit de route. Cubby était donc libre d’en faire ce que bon lui semblait. Si elles avaient appartenu à Lotus Cars, nul doute qu’elles auraient été ramenées en Angleterre et conservées parfaitement.


Déjà connu pour être un spécialiste des voitures de Bond, vers la fin des années 90, Peter Nelson reçoit un jour un coup de téléphone d’un employé du consulat anglais aux Bahamas. « Il m’a dit qu’il venait de trouver deux Lotus ayant tourné dans un Bond. Je lui ai demandé de m’envoyer des photos et sur l’une d’elles, on pouvait voir une des coques sous-marines posée sur des parpaings dans le jardin d’une maison, repeinte en rouge".
(Voir article ci-dessus, datant de février 1991, où l'auteur n'est quant à lui pas certain que la voiture soit la version motorisée de l'Esprit sous-marine).
"Leur propriétaire possédait une sorte de décharge" poursuit Nelson, "dans laquelle se trouvait l’autre Lotus, blanche. Celle que je possède aujourd’hui. Nous sommes tombés d’accord sur un prix, pour les deux voitures, aux alentours de 10 000 dollars. Le problème, c’est que la découverte des deux Lotus s’est propagée en dehors du consulat. Très vite, un groupe de personnes appelés The Ian Fleming Fondation, eux aussi spécialisés dans la recherche de véhicules de Bond, ont débarqué aux Bahamas et sont arrivés à me griller et à acheter les deux voitures pour les rapatrier chez eux, à Chicago. J’étais très déçu.


En fait, cela faisait déjà quelques années que nous avions cette rivalité amicale. Il était déjà arrivé dans le passé que j’obtienne des véhicules qu’ils avaient repérés en premier, et vice versa. Mais là, j’étais véritablement révolté. Je suis donc allé les voir et leur ai dis : « Ecoutez, j’étais censé acheter ces voitures. Nous pourrions nous arranger ? » Très gentiment, ils ont gardé la Lotus rouge qui semblait être celle en meilleur état, et m’ont laissé l’autre, la blanche. Pour moi, c’était la meilleure des deux car c’est celle qui fut utilisée pour la conversion en sous-marin, et aussi celle qui tirait le missile sur l’hélicoptère. Ils ont restauré la leur mais j’ai décidé quant à moi de conserver la mienne en l’état, telle que je l’ai trouvée aux Bahamas. »
Sur l’état de sa découverte, Nelson poursuit : « Ce qui est intéressant, au sujet de cette voiture, c’est que tous les mécanismes sont encore présents à l’intérieur, les divers câbles et autres pièces mécaniques qui permettaient la conversion, et ce malgré tout ce temps passé dans l’eau puis dans une décharge. »


Au sujet de la restauration entreprise par la Ian Fleming Fondation, certains détails sont discutables (photo ci-dessus). Les plaques d'immatriculations n'ont pas été réalisées avec les mêmes caractères que les plaques anglaises visibles dans le film, tandis que les feux et clignotants situés dans le pare-chocs avant sont ceux montés sur les Lotus Esprit destinées au marché américain. Ce qui, bien sûr, n'était pas le cas de la Lotus de 007. Enfin, pourquoi avoir collé un logo Lotus sur le capot alors que l'Esprit de Bond (et toutes les Esprit S1 produites à cette époque) n'en possédaient pas ? Des petits détails pénibles qui rendent le choix de Peter Nelson de ne pas restaurer la sienne particulièrement judicieux. Il le confirme d'ailleurs : "La seule restauration valable ne pourrait être réalisée que par Lotus Cars. Peut-être la feront-ils un jour..."

Dans son musée, Peter Nelson possède l’une des deux Lotus Esprit utilisées pour le tournage des scènes sur route (ainsi que le side-car qui la poursuit dans la scène). La seconde a été vendue aux enchères l’année dernière et appartient à un collectionneur américain.

Morsemobile


De 1987 à 2000, John Thaw a incarné l'inspecteur Morse dans cette passionnante série inspirée des romans de Colin Dexter.
Pour souligner le côté rétro et traditionaliste du personnage, son goût pour l'ancien et le luxe (ainsi que la bière et les mots croisés), les producteurs l'équipèrent d'une Jaguar MKII 2.4 litres de 1960.Dans les livres, Morse roulait en Lancia, une petite trahison acceptée par l'auteur qui décida d'intégrer également une Jaguar à la panoplie de son personnage littéraire dans les romans suivants.


La Jaguar est plus qu'un mode de transport pour l'inspecteur, elle est une source d'inspiration. Morse aime méditer à son volant en écoutant des morceaux d'opéra, au grand dam de son adjoint, Lewis (Kevin Whately). En réalité, c’est presque une épave qui est apparue dans le premier épisode, "Mort à Jericho". La MkII rouge de 1960 et son toit en vinyle si détesté des puristes Jaguarophiles, fut récupérée dans une casse et durant les dix premiers épisodes, elle ne démarra pour ainsi dire jamais. Elle était apportée sur les lieux de tournage (à Oxford et dans ses alentours) sur un camion et ce n'est que plus tard, au fil du tournage, qu'elle fut peu à peu remise en état. Mais à la fin du tournage des 33 épisodes, en 2000, elle n'était de nouveau qu'une épave et plus rien ne fonctionnait, y compris les freins. John Thaw n'aimait pas la conduire et lorsqu'on lui proposa de la récupérer (il adorait pourtant les Jaguar), il refusa, tant la voiture était en mauvais état ! Par la suite, elle changea souvent de propriétaire et fut même le premier prix d'un concours organisée par Carlton Television. Aujourd'hui, après une intense restauration et une vente aux enchères chez Coy's en 2002 où elle fut adjugée 53 000 £ (environ 60 000 euros, un record pour un tel modèle), c'est un propriétaire anglais qui la possède et qui l'a prête parfois pour des manifestations organisées par le fan club anglais de la série, The Inspector Morse Society.


Au cours d'une enquête, Morse est amené à rendre visite à un concessionnaire Jaguar. Alors qu'il jette un oeil à un cabriolet XJS rouge, le vendeur se précipite vers lui.
- Le vendeur : Vous êtes assis dans le meilleur cabriolet au monde.
- Morse : Très joli.
- Splendide ! Et ce n’est pas là un discours de vendeur. Je n’en ai pas assez pour satisfaire la demande, Monsieur…
- Morse.
- C’est votre Mk II, là-dehors, Monsieur Morse ? Une très belle auto. Une authentique automobile.
- Très authentique.
- Non, véritablement elle est superbe. Elle semble cependant réclamer un peu d’attention, si je puis me permettre, mais elle est superbe. Je vais vous dire une chose, Monsieur Morse. Pourquoi ne pas aller faire un tour. Sortons cette voiture et vous pourrez l’essayer. Je pense que je pourrais vous proposer quelque chose de très avantageux. De plus, il se trouve que je collectionne les vieilles Jaguar. J’ai déjà une Type D, deux Type E, dont une qui n’a que 9 miles au compteur, et je possède aussi une Type B, très rare…
- Vous aurez bientôt tout l’alphabet.
- Est-ce une visite sérieuse, Monsieur Morse, où n’êtes-vous là que pour vous occuper le temps de votre pause déjeuner ?
- Je suis très sérieux. Et c’est Inspecteur Chef Morse.

Produite de 1959 à 1967 à 26 322 exemplaires, la MkII 2,4 litres et son 6 cylindres de 120 chevaux était également disponible en versions 3,4 litres et 3,8 litres, cette dernière étant à sa sortie la berline la plus rapide de l’époque. Corgi a produit une réplique miniature de la Jaguar Mk II de l’inspecteur Morse à l’échelle 1/43ème. Sa première version, sortie en 1993 et assez rare aujourd'hui, peut atteindre des sommes élevées pour un modèle réduit.

dimanche 24 janvier 2010

Le Saint fait le plein


Durant le tournage des saisons 1 et 2 du Saint, entre 1962 et 1963, Roger Moore utilisait à la ville comme à l'écran cette Volvo P1800. La P1800 était produite en Angleterre par la firme Jensen, pour le compte de Volvo. Mais la marque suédoise n'étant pas très satisfaite de la qualité de fabrication, elle décida de rapatrier en Suède la construction du modèle, qui prit dès lors l'appellation P1800S (pour Sweden / Suède).
Immatriculée 71DXC, elle portait à l'écran le fameux numéro ST1. Pour la saison 3, une P1800S (77 GYL) viendra épauler ce modèle et les deux Volvo seront régulièrement équipées des dernières options disponibles afin que Simon Templar ait toujours l'air de rouler dans un modèle récent. Ces options furent notamment les pare-chocs plats avec anti-brouillards, qui remplacèrent le vieux modèle en 'moustaches' (photo milieu) et les jantes Minilite en alliage à la place des vieux enjoliveurs.


En 1966, pour le tournage des saisons couleurs, Volvo fournira deux Volvo P1800S toutes neuves. NUV 647E pour Roger Moore (photo du bas), NUV 648E pour le tournage. 77 GYL sera conservée durant quelques épisodes couleurs. Cette voiture est désormais au musée Cars of The Stars, à Keswick, en Angleterre. Un collectionneur américain possède quant à lui l'une des deux P1800s fournies en 1966, celle utilisée pour le tournage. On ne sait pas ce que sont devenues les deux autres.

vendredi 22 janvier 2010

Peters Sellers & Cars

Peu d'acteurs ont été aussi passionnés d'automobiles que Peter Sellers. Toute sa vie, il n'a cessé de changer véhicule, presque tous les mois, parfois toutes les semaines. L'excellente biographie "Life and Death of Peter Sellers", de Roger Lewis (adaptée au cinéma il y a quelques années) nous apprend que le comédien, décédé en 1980, a possédé plus de deux cent voitures !
En voici quelques-unes. Parmi elles, certaines sont même apparues au cinéma avec lui.






De haut en bas :
Dans The Wrong Arm of the Law (Cliff Owen, 1963), Peter Sellers conduit sa propre Aston Martin DB4 GT.
Dans A shot in the dark (Blake Edwards, 1964), Sellers incarne pour la deuxième fois l'inspecteur Clouseau et conduit cette Mini équipée par Radford. Il en offrira une identique à sa compagne de l'époque, Britt Ekland. Celle du film réside au musée Cars of the Stars, à Keswick, Angleterre.
Dans The Bobo (Robert Parrish, 1967), Sellers utilise sa Ferrari personnelle, une 500 Superfast, que l'on voit également dans la photo suivante avec la Bentley Continental du comédien.
Durant les années 70, bien que sa carrière soit en chute libre avant le grand retour de Clouseau dans Le retour de la Panthère rose (Blake Edwards, 1974), Sellers roule toujours en Ferrari, dont cette 275 GTB photographiée en Suisse ou l'acteur résidait parfois.

dimanche 17 janvier 2010

2 DB5 pour 007


Dans Goldfinger (Guy Hamilton, 1964), la production utilisa deux Aston Martin DB5. La première, baptisée Effect Car, était la voiture-gadget conçue par Ken Adam avec la collaboration d'Aston. La seconde, nommée Road Car, était une DB5 'normale' sans gadgets, destinée aux scènes de poursuites.
Sur le tournage en Suisse, dans la fameuse Furka Pass, seule la Road Car était utilisée jusqu'à ce qu'elle soit victime d'une panne qui l'immobilisa pour plusieurs jours. Le tournage devant continuer coûte que coûte, on fit venir d'Angleterre la fragile et coûteuse DB5 Effect Car pour prendre la relève le temps de réparer sa soeur. Le changement de voiture eut lieu durant le tournage de la fameuse scène durant laquelle Tilly Masterson tente de tuer Goldfinger, mais le coup de feu atteint la chaussé à quelques centimètres de 007, qui observait lui aussi Goldfinger. Quelques instants avant le coup de feu, lorsque Bond stoppe son Aston au bord de la route, c'est la DB5 Road Car qui est utilisée. A quoi le voit-on ? D'abord, à la grande rayure sur la carrosserie (cercle rouge). La voiture avait en effet été endommagée pendant sa traversée en ferry, en venant d'Angleterre. Ensuite, il n'y a aucune trace de la trappe du siège éjectable sur le toit.


Lorsque la scène du coup de feu est tournée, la Road Car est en panne et remplacée par la Effect Car, la voiture- gadget. Sur la seconde photo, on note les différences : il n'y a plus de rayure sur le côté de carrosserie, la trappe du siège éjectable est visible sur le côté gauche du toit (ainsi que l'écran pare-balles du coffre arrière). De plus, un clignotant latéral est visible sur le côté, près de l'ouïe de ventilation, alors que la DB5 Road Car n'en est pas équipée.
Voilà comment deux voitures (presque) identiques sont utilisées sur une scène de quelques secondes.

samedi 2 janvier 2010

Traveling cars

Le Salon Rétromobile de Paris va, fin janvier, inclure une expo de voitures travelings utilisées au cinéma. On ne sait pas encore quelles seront les voitures retenues exceptée la fameuse Citroën DS à 8 roues utilisée sur de nombreux tournages dans les années 60/70. Du côté de 007, plusieurs types de voitures caméra ou voitures traveling ont été utilisés.





De haut en bas :
Dans l'Espion qui m'aimait, une des deux Lotus Esprit avait été équipée de caméras Panavision montées sur le capot avant et sur le capot arrière (photo : Roger Becker, pilote d'essais chez Lotus Cars, qui remplaça au pied levé les cascadeurs du film après avoir démontré les capacités de l'Esprit à l'équipe de prod). Cela avait permis de tourner des plans spectaculaires, notamment lorsque le Bell Jet Ranger de Naomi vole à côté de la Lotus.
Dans Goldeneye, on a parfois monté directement la caméra sur le capot de l'Aston Martin DB5 (photo : tournage avec l'équipe de Rémy Julienne, à Gréolières) pour filmer Bond et sa passagère à l'intérieur de la voiture.
Dans Demain ne meurt jamais, la BMW 750 de 007 était tractée par un camion si bien que Brosnan pouvait se concentrer sur son jeu plutôt que sur sa conduite (photo : dans les rues de Hambourg). Mais une voiture caméra a été utilisée pour la fameuse poursuite dans le parking de Hambourg (tournée à Londres). On voit ici une TVR (marque de voitures de sport anglaise) très modifiée et équipée de caméras pour filmer le véhicule qu'elle précède, souvent de très près (ici la Mercedes qui poursuit Bond jusque sur le toit du parking.)
Enfin, dans Quantum of Solace, c'est un gros 4X4 Mercedes pourvu d'un bras articulé au bout duquel se trouve la caméra, qui a été utilisé pour offrir des plans spectaculaires (quoiqu'un peu gâchés par un montage trop nerveux) de l'Aston DBS poursuivie par un duo d'Alfa Romeo 159. Une carrosserie de DBS passablement désossée, fixée sur une remorque, est également utilisée pour filmer Craig au volant.

mercredi 16 décembre 2009

Une Lotus 7 pour le n°6


À l’époque du tournage du Prisonnier (1968), Lotus produisait sa Super Seven S2, version améliorée de la Seven lancée en 1957. Celle du Numéro 6 est immatriculée KAR 120C, un des 1350 exemplaires (environ) vendus de 1960 à 1968. La plupart du temps, la Seven était disponible sous forme de kit. Dans l’épisode «Le retour», le Numéro 6 parvient à rentrer chez lui et découvre la nouvelle propriétaire de sa Lotus.
Numéro 6 : Quel est le numéro de cette voiture? KAR 120C! Quel est le numéro du moteur?
La conductrice : Redites-le moi…
Numéro 6 : 28220 TZ! Je connais toutes les vis, tous les boulons, tous les écrous ! C’est moi-même qui l’ai fabriquée de toutes pièces !
La conductrice : Alors, vous êtes l’homme qu’il me fallait: cette voiture a une fâcheuse tendance à trop chauffer en ville.
En 1973, au bout d’une quatrième série de Super Seven, Lotus vendit la licence de production du modèle à la société de Graham Nearn, Catheram, qui en assurait depuis quelques années la construction pour certains clients. Nearn se souvient de sa rencontre avec McGoohan: «J’ai fais la connaissance de Patrick McGoohan lorsque je suis venu aux studios de Borehamwood pour livrer la voiture de remplacement produite chez Catheram. Les spectateurs se souviennent que dans le dernier épisode, «Le dénouement», le Numéro 6 retrouve la liberté et rentre chez lui. Je jouais le rôle du mécanicien qui vient lui garer sa voiture devant sa porte. C’était une voiture pour individualistes et lorsque Patrick McGoohan est venu visiter l’usine Lotus en 1966 pour y choisir un modèle pour sa nouvelle série, il a tout de suite rejeté la Lotus Elan pour se diriger sans hésitation vers la Lotus 7.»


Une première Lotus Super Seven a été utilisée sur le tournage du générique. Elle aurait ensuite été rapidement exportée en Australie, les producteurs ayant pensé ne plus en avoir besoin pour la suite du tournage. Pour les épisodes «Le retour», «Ne m’oubliez pas» et «Le dénouement», Catheram Cars a donc fourni plusieurs autres Seven au coup par coup, pas toujours strictement identiques.
Ainsi, la Seven qui apparaît dans «Le dénouement» n’est pas une Super Seven S2 comme celle du générique : c’est une Seven S2 de base équipée du moteur, moins performant, de la Ford Anglia. Graham Nearn l’avait pourtant équipée des options de la Super Seven mais on peut différencier les deux voitures (à condition d'avoir l'oeil !) par la position de la plaque d’immatriculation avant et la forme du pot d’échappement.
(Photos de haut en bas : La Seven devant l'adresse du n°6 à Londres, Buckingham Place / McGoohan et Graham Nearn / La Seven dans le générique / Tournage à Buckingham Place).

lundi 14 décembre 2009

Jaguar XJS


La Jaguar XJS a été lancée en 1975 dans le but de prendre la relève de la mythique Type E. Elle en reprenait la motorisation, le gros V12 de 5,3 litres sous une carrosserie de coupé 4 places dont le design fut tièdement accueilli par la presse, et par la clientèle. Très vite, le service marketing de Jaguar proposa le prêt de la nouvelle voiture dans des séries télévisées, notamment dans Le retour du Saint, suite des aventures de Simon Templar où Ian Ogilvy tentait de succéder à Roger Moore.

En 1962, Jaguar avait refusé de fournir un véhicule aux producteurs Robert S. Baker et Monty Norman pour la première saison n&b du Saint, et Moore lui-même était allé acheter une Volvo P1800 (bientôt un post sur le sujet). Erreur réparée avec la fourniture de deux XJS blanches (une à boîte auto et l'autre à boîte manuelle) pour le tournage des 26 épisodes du Retour du Saint, tournés en Angleterre mais aussi en Italie et dans le sud de la France entre 1977 et 1979 (en photo ci-dessus dans le double épisode The Brave Goose).


Durant cette même période, une autre XJS rouge fut allouée au personnage de Gambit dans Chapeau melon & bottes de cuir (en photo ci-dessus avec Gareth Hunt) tournée à partir de 1977. Un partenariat entre les producteurs (franco-anglo-canadiens) de la série et British Leyland, qui regroupait des marques telles que Jaguar, Triumph ou encore MG) aboutit à ce que le trio John Steed, Purdey & Gambit utilise toute une flotte de véhicules issus de ces marques. Une XJS pour Gambit donc, une Jaguar XJC et une Rover SD1 pour Steed, quelques Range Rover en prime pour eux deux et quelques Triumph TR7 et autres MGB pour Purdey. Des problèmes récurrents de fiabilité ont miné le tournage des deux saisons, jusqu'aux épisodes tournés au Canada et dans lesquels, pour respecter le côté british de la série malgré la délocalisation des héros, ces derniers continuaient de rouler en Jaguar ou en Triumph, équipés aux normes américaines (gros pare-chocs, feux latéraux...).

Au cinéma, excepté quelques apparitions de figuration, on a vu peu de Jaguar XJS. Roger Moore en conduit une brièvement à la fin des Oies Sauvages (Andrew V.MacLaglen, 1977), un cabriolet apparait dans Speed (Jan de Bont, 1994) et l'excellent duo James May & Oz Clarke partent à la découverte des vignobles français en XJS cabriolet dans l'hilarante série Oz and James' Big Wine Adventure (2006).
Photos ci-dessous : Roger Moore / James May & Oz Clarke.